• La conférence Panafricaine sur la Tribalité du 26 mars 2011

    La conférence initiée par l’auteur du livre blanc sur la tribalité, homme politique congolais et jeune cadre Kovalin Tchibinda Kouangou, a tenue ses promesses pour la deuxième année consécutive.

    Malgré le retard avec lequel la conférence à commencé, l’auditoire rempli de patience à été au rendez-vous. Quelques intervenants avaient manqué à l’appel mais avaient pris la précaution de faire parvenir leurs messages sauf deux : Bruno Moubamba, l’opposant gabonais et l’ancien Ministre congolais : Bonaventure Mbaya. Le président d'honneur et ancien ministre d'Etat  Aimé Matsika était absent pour des raisons de santé. La palette des intervenants fut riche et variée. Certains sont venus de Tunisie, des îles Comores, du Royaume-Uni, des provinces françaises, etc….

    De même que dans la salle certains étaient venus du Congo.

    Une minute de silence avait été observée pour rendre hommage aux victimes de dernier crash d’avion cargo survenu à Pointe-Noire quelques jours avant le début de ce Grand Débat sur « La Tribalité et le partage des richesses ».

    Le message que L’initiateur de ce projet Kovalin Tchibinda Kouangou et son équipe chargée de l’organisation ont voulu transmettre est que Le concept de Tribalité qui est le vivre ensemble est fondé sur des principes et qu’il est un processus dynamique des ethnies d’un même Etat. Qu’il revient aux congolais et aux africains en général, de créer une société où l’être précède l'avoir Que les axiomes de confiance ethniques se transforment en axiomes de confiance pluriethniques pour que le citoyen ne soit plus dénié afin de revoir les liens pour un avenir sûr et harmonieux. Le message de Kovalin Tchibinda Kouangou s’adressait aussi aux partenaires du Congo et de l’Afrique pour qu’ils misent sur une nouvelle génération de Leaders, aux institutions internationales dont il ne fallait pas tout attendre et aux africains de ne pas oublier la richesse de leurs traditions, de leurs valeurs et que la diversité des ethnies était une source de richesse. L’initiateur des Grands Débats sur la tribalité avait rendu un hommage à la charte du Manden.

    Parmi les intervenants, l’ancien ministre Congolais du Pétrole Benoît Koukebéné qui a reconnu que ce concept était nouveau pour lui, avait mis l’action sur le pourquoi les choses ne marchent pas. Que pour distribuer les richesses, il fallait d’abord les créer. Car il ne suffisait pas pour l’africain d’avoir un sous sol regorgeant de richesse. Il a pris l’hypothèse d’un pays où il n’y aurait qu’une seule ethnie pour dire qu’il n’était pas sûr que la redistribution des richesses soit meilleure. Que le problème était la conception du développement que l’on peut faire pour son pays. Que l’homme restait le plus grand prédateur. Que le jour où il y aurait des dirigeants qui viendront pour penser au développement réel de leurs pays différemment, ce sera le début d’un changement. Qu’il fallait repenser à refaire l’Etat. Il s’est refuser à engager des débat polémistes mais a aussi fait part de son expérience de la réalité du terrain et de la difficulté à mettre parfois en pratique certaines bonne idées et de certains freins tant internes qu’externes.

    Brice Ngono, par une approche sociologique a argumenté sur la nécessité de tenir compte de la sociologie des peuples africains pour construire des institutions saines. Il a estimé que le mimétisme de l'occident n'était pas une bonne chose et à ouvert des pistes de réflexions, à travers ses questionnements, à la problématique du sous développement en Afrique.

     

    Jean Bruce Maboussou ancien conseiller du Président congolais Pascal Lissouba a apporté une vision très originale  et surtout teintée de spiritualité à la tribalité. Il a estimé que la tribalité est une doctrine et qu'elle est la clé de voute des sociétés africaines. Nous devons revenir à notre tribalité qui n'est pas seulement  un concept politique mais aussi un concept de vie. Il a estimé que pour se connaitre,  chacun d'entre nous devrait rechercher sa tribu

    L’intervenante Aurélie Nganga a parlé de la tribalité et le Marketing des nations, du comment vivre avec l’autre et lui permettre de s’intégrer. Que nous avions des traditions à faire valoir. Que ce qui est condamnable c’est le tribalisme. Qu’il revenait aux africains de savoir vendre ce qu’ils savent faire. Que la tribalité différe du tribalisme. La tribalité est un atout qu’il fallait valoriser.

     

    L’intervention de Raphael Dorlin était un « coup de colère » d’un homme qui n’est pas surpris de ce qui se passe en Afrique et à travers le monde. Présent à la précédente édition de 2010, ensemble avec Kovalin Tchibinda Kouangou, ils avaient prédit un ensemble de choses et de mouvements d’aujourd’hui. Pour lui, sans donner de leçon à l’Afrique, que la bonne direction était : le bon sens. Que l’Homme politique a perdu le contact avec le terrain. Que certaines politiques rappellent la Rome antique au temps des chevaliers. Que l’Afrique était l’avenir du monde. Sa richesse c’est sa population, c’est la nature. Il a rappelé la relation entre un Etat faible, l’injustice, la corruption et l’émergence des problèmes ethniques. Que l’Afrique ne s’appui pas assez sur le savoir faire du terrain. Que la tontine africaine est devenue un produit financier. La France s’américanise. Le sponsoring a pris place dans la politique. Internet est l’outil des peuples et ouvre une nouvelle ère avec ses dérives. Selon Raphael Dorlin, les solutions existent. Les conséquences seront néfastes avec le démantèlement. Les futures crises seront dues aux problèmes alimentaires que seule l’indépendance alimentaire pourra régler.

    Georges Ntsiba avait axé son intervention sur la critique de nos méthodes de pensées formatées. En s’interrogeant sur ce qu’est devenue l’héritage du combat de la négritude, l’écriture Négro-africaine et de la transmission du savoir, la perte de repère de l’africain dans la recherches des solutions à apporter aux problèmes du Congo et de l’Afrique y compris dans le partage des richesses.. Gorges Ntsiba, défenseur de la tribalité regrette que les projets de société africains ne prennent pas en compte l’apport de cette richesse. On assiste à la régression du kimuntu, dont la parole est capitale et vitale. L’archéologie du savoir est nécessaire dans la transmission du savoir et que tout est à refaire y compris l’éthique du sujet.

    Christian Mayandji avait soulevé le paradoxe existant où s’opposent les droits des populations qui ont accès aux revenus du travail et les compagnies qui ont accès au revenu du capital. Les indépendances n’ont pas réussi complètement à rétablir l’équilibre du fait des lois découlant du Ministère des colonies datant de la fin du 19ème siècle. L’Etat devenant un propriétaire foncier et disposant des mêmes droits que les compagnies. Si l’on souhaite parvenir à un partage équitable des richesses, quelques pistes sont à explorer : la mise en place d’un réforme foncière car les populations ont des titres de propriétés mais ne disposent pas de personnalités juridiques et n’ont pas le droit de propriété. Qu’ils disposent du droit de participer au capital des compagnies qui exploitent leur sous sol. Que les citoyens comprennent qu’ils doivent soutenir le bien public. Que l’on permette à chacun d’entreprendre ce qu’il veut faire. Mais aussi que tous ces éléments sont nécessaires pour créer une économie libérale.

    Saïd Larifou a à partir de l’expérience des îles Comores mais aussi du thème qui est d’actualité, intervenu sur : Comment un Etat peut avoir une influence sur les sociétés fragmentaires et quelles sont les réponses à apporter. Celle d’une présidente tournante a été la formule retenue pour éviter les aspirations sécessionnistes et le recours aux coups d’Etats. Il a entre autre rappeler les notions des tribus, d’ethnies, de l’identification par rapport aux liens, par rapport à un pays et de la manière dont l’Etat peut s’adapter pour éviter l’Etat tribal car, ce sont les Etats qui doivent s’adapter aux sociétés pour parvenir à un partage équitable des richesses.

    Elvis MAKOUEZI : le partage des richesses exige de savoir de quoi parlons-nous. Le partage de la richesse : Entre les firmes multinationales exploitant ces richesses et les pays regorgeant ses dites richesses et le partage interne dans les pays concernés par la richesse issue de l’exploitation des matières premières. Des sources qui sont à l’origine du partage injuste, l’africain peut en faire des piliers qui pourront soutenir le partage équitable des richesses : Les Hommes, l’impunité, les textes comme : certaines constitutions, ( voir notre extrait d’analyse comparée des constitutions du Congo de 1992 et 2002 ) et les accords signés par certains dirigeants africains.

    Maître Nizar Ayed après avoir rendu un hommage aux peuples d’Afrique en lutte et rappeler la richesse de l’Afrique et le paradoxe où la population vit avec moins d’un dollar par jour dans les pays de l’Afrique subsaharien. Il a aussi attiré l’attention sur les guerres ethniques, les conflits qui sont à la base des injustices sociales. La discrimination positive n’est qu’une solution provisoire dans la recherche des solutions ( y compris dans le partage des richesses et des responsabilités).

    Pour Sékou Diabaté, c’est bien de poser la problématique et d’essayer de répondre à la question du comment agir. Nous nous sommes dessaisis de nos responsabilités de citoyens parce q’ une caste s’est créée. Dans la dynamique de construction, les objectifs peuvent permettre d’aller en avant vers le mieux vivre et au vers le retour aux sources pour éviter la faillite de l’Etat. En réalité tout le monde à sa part mais que produisons-nous ? Comment apporter des réponses aux problèmes du contrôle et des actions ? a-t-il ajouté.

    Brice Nzamba : La valeur ou vertu de solidarité est détournée de sa finalité par une élite en mal de pouvoir mobiliser au-delà de l’ethnie. Une des questions à se poser comment faire pour que l’homme politique africain ne se serve plus du carburant tribal ? Afin de transformer ce carburant en carburant patriotique. Un des projets serait de mieux intégrer les chefs coutumiers dans les prises de décision de l’Etat en signant un pacte bien défini. Pour s’assurer des jours meilleurs, il faut parvenir à ce que le chef coutumier qui a la reconnaissance des congolais soit difficilement manipulable.

    Eric Bolou : où va l’homme noir avec ses richesses ? Les responsabilités de l’africain, de l’homme noir sont à prendre en compte dans ce qui se passe en Afrique. Aujourd’hui la cote d’Ivoire connait la guerre tribale et ethnique. Il revient à l’africain de payer le prix de sa liberté. La solution est dans la création du Royaume de Kama. Au niveau de la religiosité, il faut revenir à nos valeurs.

     

    David Lasme, intervenant ivoirien s'est borné à dénoncé l'irresponsabilité des dirigeants africains en particulier ceux de la Côte d'ivoire. Il estime qu'il faut trouver au conflit  ivoirien une solution africaine. L'Afrique ne doit pas se nier. En revenant aux valeurs africaines, les dirigeants africains seront peut-être plus responsables.

     

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     Par Elvis G. MAKOUEZI

    Directeur de Publication


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