• tribalité, les mumures des ombres Actes II

    Pourquoi parlons-nous tribalité et que subrepticement d’aucuns s’engouffrent sur le tribalisme ? C’est que l’histoire de notre pays est émaillée d’événements traumatiques qui n’en finissent pas de réactiver dans notre psychisme collectif cet état de fait qu’un jour les populations d’un même pays ont été pulsionnellement poussées à s’affronter. Peu à peu, on découvre l’existence de forces occultes mues par l’appât du gain. Ce sont ces forces agissant dans l’ombre qui ont armé les protagonistes de tout bord et qui alimentent des guerres fratricides qu’on qualifiât d’interethniques. Les intérêts financiers sont gigantesques, mais ce sont des intérêts étrangers qui grâce à des mécanismes de néocolonialisme, désignent un gardien du temple. Ce gardien est celui qui réussit par la ruse à s’imposer comme homme fort du régime par le contrôle de la structure régalienne la mieux formatée : l’armée. Il n’est alors pas rare qu’un quarteron de généraux ou de militaires haut gradés doctement choisis dans l’entourage proche ou familial, orchestrent savamment un état policier qui confine à l’arbitraire de tous les secteurs de l’état. Le gros de l’armée sera composé de milices abruties par cette culture de l’arbitraire.

    La manipulation ne saute pas aux yeux puisque les milices sont localisables. L’accession au pouvoir par les armes intronise la suprématie d’un groupuscule sur un autre, d’une milice sur une autre scellant à tord l’hégémonie d’une ethnie sur l’autre. Dans le même temps on a vu le vrai peuple, quelque soit sa localisation se replier dans leurs territoires originels comme pour retrouver un SAS de paix. C’est la partie cachée de l’iceberg. Du nord au sud en passant par le centre, la population est dans un dénuement scandaleux au vu des ressources du pays, maintenu de surcroît dans une précarité qui touche des domaines clefs : la santé, l’instruction et l’économie.   

    Pendant ce temps là, les gouvernants corrompus par cette entreprise d’aliénation s’adonnent au clientélisme. Et ça fait plus de 50 ans que ça dure. Les assises de notre humanité négro africaine ou négro congolaise sont mises à mal par la rencontre avec l’occident complice. Nous avons laissé filer les atouts de notre patrimoine culturel.  La persistance du crime, de la drogue et de la violence, le déclin de la famille, le déclin du capital social, la faiblesse générale de l’éthique et la désaffection pour le savoir et l’activité intellectuelle, sont autant de signes indiquant le déclin moral du pays.

    Dans un monde multi civilisationnel, la prévention aux conflits des cultures repose sur deux principes :

    1. Nous devons œuvrer à renouveler notre logicien pour améliorer une lecture qui devient de plus en plus obsolète : à bas le tribalisme etc. Aujourd’hui le combat est structurel. Lutte contre le népotisme, lutte contre la corruption, lutte contre les conflits d’intérêt, lutte contre la gabegie, lutte contre le clientélisme, lutte pour la transparence sur l’acquisition des biens. Parler de tribalité, c’est traduire toute l’historicité de notre héritage panafricain. Evoquer le tribalisme, c’est procéder au contraire à l’historisation de nos démêlées discriminatoires de repliement ethnique sur leur facette régressive.

    2. L’Occident doit renoncer à l’universalité de sa culture, et accepter la diversité et rechercher les points communs avec les autres civilisations.

    Georges NTSIBA


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